Le premier Je que j'inscris sur ma feuille blanche est un génocide de l'humanité entière. Je renforce mon identité et pourtant, je me perds dans ces 6 milliards d'êtres. Dans
ma subjectivité, je deviens l'infini, un infini domestiqué par le mot; seul le verbe est capable de saisir cet infini, seule ma chair dans le vocable ressent ce vide saturé de chaleur verbale,
musicale. La chimère sait se montrer docile entre mes doigts névrotiques, elle se laisse dessiner, quelques fois, elle se cache, m'énerve, me tue et je deviens un être banal, moi qui étais une
totalité plurielle, je deviens un être unique dans ma médiocrité la plus absolue.
Pour oublier, on s'amuse avec la subjectivité de Nietzsche, de Kundera, de Nabe, ou de Mishima. Là où j'exulte le
plus, c'est en devenant Nietzsche, un corps malade, un corps qui souffre mais qui trouve sa force dans l'activité la plus intime de la pensée. Quiconque devient Nietzsche, devient un être vivant,
l'incarne dans cet éternel retour, le pousse dans sa volonté de vivre, de dire un oui triomphant, farouche à la vie, à l'écriture, à la
musique, à l'art, au dionysiaque. Je deviens un chaos ivre de baisers apolliniens. Essayez d'imaginer une seule seconde cette ivresse insondable, insoutenable, toute cette beauté qui bout en moi
et qui s'incarne de façon si maladroite qu'il est impossible de la communiquer. Essayez d'imaginer une seule seconde cet amour qui erre à la surface de cette maladresse, cherchant les mots les
plus justes. Essayez d'imaginer un être qui tente de dire une chose nouvelle avec des termes inadaptés, archaïques, qui épongent tout le génie et ne laissent apparaître que la grossièreté,
grossièreté saisissable que par les grossiers.
Eh bien, ne m'imaginez pas, cela vous ferez bien trop mal.
Par Divagation d'un inactuel
0
-
Recommander
Vendredi 26 septembre 2008
Imaginons un seul instant, une seule petite seconde, le visage rond et blême d'une vierge gothique, le regard farouche d'une femme qui se meurt
dans une draperie infinie. Elle marche, doucement et ses chevilles -ce noeud érotique dénudé blesse la pudeur- effleurent et froissent ses étoffes. Elle pense, elle y pense très fort et se demande
si elle devrait errer ainsi dans cet imaginaire de frustration sans fin. Elle pense, elle y pense très fort.
Imaginons un seul instant, une seule petite seconde, que cette vierge pâle danse dans votre graisse chimérique, dans votre sang allégorique, celui qui abreuve votre ithyphalle fanatique. Elle se
cache dans l'activité la plus privée de votre alcoolat, celle qui ne vous donne même pas le privilège de laisser ses arômes voltiger à travers vos yeux vides... Ouvrez donc votre oeil, laissez
cette chair pénétrer votre iris, regardez en face...
Voilà, fallait pas rêvasser.
Par Divagation d'un inactuel
0
-
Recommander
Puisque Socrate est mort et qu'il erre, telle une erreur inconditionnelle, dans les limbes de la connaissance soit disant
vraie, je me permets, doucement mais sûrement, de faire un aparté surréaliste et irrationnel en essayant justement de me laisser aller à une délicate maïeutique socratique authentique... toutes
ces petites tiques philosophiques sont agaçantes, je vous l'accorde... je reste sceptique... quoique sarcastique... enfin, laissons tomber les jeux de mots douteux, et attaquons cette maïeutique.
Pour cela, il faudrait un dialogue, un dialogue platonnicien où je disposerais de mon maître spirituel à ma guise (délicieuse dialectique du maître et de l'esclave ou l'art de la vengeance...
Platon était incontestablement un visionnaire...). Quant au titre, je reste aporétique : Accouchement de la
tique vindicative ou bien Variation sophistique ... j'avoue, je suis embarrassée, l'un apporte une touche
de cosmétique relativement attrayante, l'autre reste scientifique et froid, voire barbant... Peut-être est-ce même cette idée de dialogue qui est fastidieuse... Avez-vous déjà goûté au charme de
l'inachevé?
Par Divagation d'un inactuel
0
-
Recommander
Bienvenue... bien sûr bienvenue mes chers amis... que dire, que dire? En fait, je n'ai rien à dire, mais en me réveillant ce matin, encore
sous l'emprise d'un sommeil brumeux, je me suis dit "tiens, pourquoi un blog où j'aurais la libre expression?"... je commence à regretter cet instant là... bien sûr, il est toujours temps
de faire machine arrière... oui, pourquoi pas? Eh bien non, bien que je ne sache pas encore quoi dire, il y aura bien un moment donné où les muses (ou les poissons, au choix)
flotteront à la surface d'un esprit bienveillant qui ne demande qu'un point où il pourrait s'exprimer...
Sur ce, futurs et chers amis, je vous laisse à vos divagations.
Par Divagation d'un inactuel
1
-
Recommander